10 juin 2012

Où je te parle d'une bibliothèque

Je sais bien qu'ayant eu mon dernier jour de cours dans un établissement dont je franchis la grille presque tous les matins depuis 7 ans hier, je devrais vous écrire un article plein de nostalgie sur le ô combien j'ai grandi et gagné en maturité ou autre tralala, mais en fait je n'ai pas (encore) grand chose à vous dire sur le sujet (j'ai pas encore dû réalisé ou alors ça ne me fait rien du tout). C'est pourquoi j'ai décidé de vous faire un article sur un autre endroit où je passe beaucoup trop de temps à mon goût et qui deviendra rapidement l'une de mes secondes maisons : Beaubourg.



Pour les non-parisiens ou les génies bienheureux, Beaubourg est le surnom du bâtiment appelé par les étrangers (soit toute personne hors du métro) le "Centre Pompidou" qui fait à la fois office de musée d'art moderne et de bibliothèque (publique d'information). Je ne parlerais pas ici du musée bien que je sois fan de Kandinsky mais plutôt de cet étrange endroit qu'est la bibliothèque.
Cette bibliothèque est donc un lieu essentiel (ou pas) où chaque étudiants, lycéen et parfois même collégien a déjà mis les pieds. C'est qu'elle présente l'avantage non négligeable d'être gratuite et ouverte quasi tous les jours de l'année (mais qui va à la bibliothèque le 1er janvier ou le mardi ?) de 11h à 22h. Le souci se pose justement ici : TOUT le monde vient bosser et réviser à Beaubourg. Il te faut donc arriver 3h avant l'ouverture pour être sur d'être bien placé dans la queue et avoir la chance d'entrer avant que les 2000 places soit prises. Et dans cette queue je vous jure que j'ai vu des trucs extraordinaires (pour une bibliothèque) :
  • Des mecs qui se battent pour pouvoir entrer les premiers (quand je dis se battre c'est VRAIMENT se battre avec du sang et tout)(tu la sens mon expérience du combat dans cette phrase ?)
  • Une sécurité plus stricte que pour l'entrée d'une boîte de nuit, avec talkie-walkie, barrière et tout le matériel. En plus ceux là même quand tu mets un décolleté ils te font pas entrer plus vite. 
  • Le grand mystère : A quelle heure sont arrivé les premiers pour ne pas faire la queue alors que quand tu arrives à 9h y a déjà une centaine de personnes devant toi. Ont-ils camper devant ? 
  • Les touristes qui font la moitié de la queue avant de se rendre compte que ce n'est pas l'entrée du musée.
  • Ceux qui ne s'en rendent pas compte.
  • Les queues perpendiculaires qui se développent tels les bidonvilles. 
Même leur logo donne mal au crâne

15h40 : Pourquoi me direz-vous, pourquoi aller volontairement m'enfermer 10h de suite dans une usine à révisions où si tu as le malheur d'être arrivée un peu tard tu dois faire 1h30 de queue pour te retrouver bloquée sur une tout peite place face à un drôle d'appareil qui (on me le souffle dans l'oreille gauche) sert à lire des microfilms, tandis que je pourrais être confortablement sur mon lit à tweeter des conneries ?
Et bien c'est qu'ici, loin de tout ordinateur et de mômes brailleurs, ma procrastination et mon penchant pour la flemmardise semble disparaître (dit la nana qui écrit cet article sur une fiche bristol au lieu de revoir l'importance de l'eau dans Tous les matins du monde)(Terminale L tmtc)(j'adore utiliser cette expression, je me sens du peuple). A y repenser ce n'est pas le dépaysement qui me force à travailler mais la pression sociale : cette étendue de crânes penchés sur des livres ne semblant reprendre vie que pour regarder d'un œil désapprobateur le pauvre petit vieux qui tousse, ce sont eux qui me force à travailler ou du moins à faire semblant en stabilotant d'un air distrait mes cours.

18h24 :Beaubourg est un temple, un lieu de culte des études. Cette drôle de religion te fut peut-être imposée par tes parents mais pourtant nous sommes tous là, la veine temporale gonflée par un mal de crâne général, à écouter le frand sermon silencieux du centre Pompidou. Ça y est mon voisin de droite vient de rendre l'âme. Le cerveau liquéfié, la bave aux lévres, il est manifestement victime d'une crise cardiaque éclair sur "Electricité et Magnétisme" (quelle idée de faire de la physique aussi), me déconcentrant au passage de l'étude fascinante (ô ironie quand tu nous tiens) du personnage de Madelaine. Je laisse mon esprit vagabonder en tentant d'établir le pronostic vital de ce pauvre PSCI et de faire les statistiques des garçons mignons autour de moi.

19H42 : Beaubourg a beau ne fermer que dans deux heures, la fatigue générale commence à se faire sentir. Sur les grandes tables de 30, on entend des chuchotements et rires nerveux, les gens lève le nez en l'air hagard à la recherche d'une bonne excuse pour rentrer chez eux se pieuter et un à un ils rendent les armes, rassemblent leurs affaires et repartent poussés par un regain d'énergie né de la joie de sortir.
Moi je reste encore un peu puis hisserait le drapeau blanc avant d'aller boir un verre bien mérité.

Ps : Je ne suis pas resté bien plus longtemps et je n'ai pas bu qu'un verre.
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14 commentaires:

  1. Les joies de la bibliothèque.. Perso j'ai élu domicile à la BNF, c'est ma deuxième maison.

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    1. La BNF j'ai essayé mais le prix de l'entrée m'a vite dégouté, en plus j'ai rien compris au concept de "jardin" et "cour" à propos des salles

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  2. Hahahhaha j'ai bcp ris !
    Franchement Quignard est tombé. l'an dernier, ne comptes pas dessus bb !

    Bisous

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    1. Je sais bien mais ça veut pas dire grand chose et je préfèrerais ça que Jaccottet

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  3. Y a que toi qui arrive à rendre ton expérience de bibliothèque drôle!
    Perso, c'est tout le contraire, je n'arrive à travailler que chez moi...

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    1. J'ai des taupines comme toi ! Merciii <3 (je ne fais jamais de smiley alors estime toi flattée)

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  4. Ah les bibliothèques ! Tout un truc ! Perso ça me gênerait beaucoup de devoir arriver très en avance pour être sûre d'avoir une place... C'est sûrement pour ça que j'ai tendance à préférer les petites bibliothèques :)

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    1. En temps normal moi aussi mais les petites bibliothèques ont souvent des horaires pas pratiques du tout alors actuellement je vis à Beaubourg.

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  5. Oh mon Dieu mais qu'est ce que tu me fais rire !

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  6. Ahlala, séquence nostalgie ! J'en aurais passé des heures à faire la queue pour entrer à la BPI pendant mes études. Ton article m'a rappelé bien des souvenirs, merci !

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  7. Non je ne quitte pas la blogo :). Merci pour ton "tu es trop cool pour partir", c'est adorable !
    J'ai bougé ici maintenant : http://clouds-and-silver.blogspot.fr/

    Allez, bon courage pour la dernière semaine de révisions, tu vas gérer je le sais !

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    1. Cool je vais jeter un coup d’œil de suite et merci beaucoup !

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  8. Hey je viens de te tagguer :)
    Besos

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  9. Ce témoignage pourrait être le mien !
    Solution pour ne pas faire la queue (ou peu) : arriver le plus tard possible. PB tu ne travailles plus qu'une heure ou deux !
    Cédric

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