20 août 2011

Je n'aime pas ... (3)


Je vais vous raconter une petite histoire :

Ce pauvre homme s'appelle Jacques. Il a fait des études pour devenir prof. Il a fini inspecteur. Il déteste son job, il sait bien que tout le monde se fout de lui, que les élèves font soudain semblant d'être sage et les profs d'être excellents pédagogues dès qu'il entre dans une salle de classe.
Aujourd'hui Jacques est énervé ce matin; il a reçu un appel de sa femme, enfin son ex-femme. Il ne s'y fait vraiment pas a ce divorce; et encore moins à l'idée de vivre chez son pote Jean. En fait sa femme l'a appelée pour lui demander de garder son fils ce week-end, parce qu'elle va en vadrouille avec Christine sa "partenaire". Il est un peu énervé mais ça va aller.
En fait là tout de suite il a surtout envie de tuer le pauvre vieux qui bloque la porte du métro. Il aurait bien pris sa voiture mais la fourrière l'a enlevé pendant qu'il déposait sa sœur à la gare. Alors, il a décider de prendre le métro parce qu'il ne doit surtout pas rater cette réunion ! Ça y est le vieux est partit, Jacques peut enfin monter dans la rame.
Et merde trois station et hop un "accident voyageur" a encore décidé de bloquer toute la ligne 1, un mardi à 14h. Jaques lui s'il devait avoir un "accident" il opterait pour l'aspirine, il aurait l'avantage d'être enfin reposé.
Après une demi-heure a essayer de déterminer quel parfum bas de gamme suinte des pores de son voisin de galère, Jacques parvint enfin a bon port. Il l'aime plus cette expression, c'est son père qui lui avait apprise quand ils faisait encore de bateau. Mais son père n'est plus là  alors il ne dis plus "parvenir a bon port"; il dis arriver.
Il est bientôt arrivé, cette réunion le soûle au plus au point mais il n'a pas le choix, cette année c'est lui qu'on a tiré au sort. Et merde il pleut, Paris est encore plus grise que d'habitude. Il glisse, se relève et prend consciensce de la présence d'une crotte de chien sous sa semelle et d'une fiente de pigeon sur l'épaule.
Il craque. Il en peut plus ! Il envisage sérieusement de jeter la petite fille, entièrement revétue d'Hello kitty,, qui ris de son malheur sous une voiture mais se reprend et se dirige digne vers sa réunion.
Il présente sa carte à accueil du bâtiment, prend l'ascenseur, s'installe à la table de concertation et attends patiemment sa revanche. Une fois l'ouverture des débats il annonce son programme :
"Je propose au programme de littérature 2011 des Terminales L : Gargantua de Rabelais, Tous les matins du monde de Pascal Quignard, Mémoires de guerre, Tome III, « Le Salut. 1944-1946 », Charles de Gaulle et Á la lumière d'hiver  de Philippe Jaccottet"



Et c'est comme ça que toute une génération fût dégoutée de la littérature française.



Aujourd'hui je n'aime pas : Les personnes qui ont choisi le programme de littérature. (j'ai tout de même tout lu !)



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3 commentaires:

  1. On vous choisis les mêmes lectures pour tous ? Nous ce sont les profs qui choississent... Certaines classes ont lu Camus (et encore, un livre différent parfois selon la classe), d'autre ont lu Kafka...

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  2. J'aime beaucoup ce texte.
    Tu verras : « Tous les matins du monde » est bien, très bien même.

    Après pour le reste... je ne préfère pas m'attarder.

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  3. @BruneNextDoor : oui c'est un programme national pour le bac lettres (jolie manière de dire seconde épreuve de Français)

    @Epsilon : Merci merci (quoique j'aurais dû utiliser un correcteur automatique).
    Mouais moi je suis restée sceptique face à l'intérêt de l'œuvre (mais je suis snob n'oublions pas).

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