03 juillet 2011

Je connais un mec ...

Pas mal d'histoire commence comme ça : Je connais un mec... Le genre d'anecdote dont tu as aucunement envie d'entendre parler mais à laquelle tu vas être obligé(e) de rire/sourire/vomir poliment . D'habitude ça m'énerve, les gens qui raconte des choses inutile avec un tel début mais aujourd'hui, aujourd'hui c'est différent ; aujourd'hui, c'est moi qui raconte !



Je connais un mec, Antoine qu'il s'appelle. Je l'ai connu parce qu'en CE2 quand je suis arrivée dans ma nouvelle école, une petite (moi aussi j'étais petite mais elle c'était une naine) est venue vers moi et m'a dit : "Salut moi c'est Camille et j'aime bien les nouvelles". Un chat, deux poules renards vipères et 3 semaines de classe ont fait de moi et Camille des meilleures amies.
Un soir de février (en fait j'en sais rien je me rappelle pas, c'était juste pour faire joli), Camille m'invite à venir dormir chez elle. C'est pratique elle habite dans la rue parallèle, j'ai donc le droit de faire le chemin toute seule. J'arrive devant une porte transparente, entrée d'un immeuble en brique rouge, je regarde le code sur la feuille Diddle 2750A (ça je m'en rappelle, je l'ai tellement tapé). Je rentre, Camille dévale un escalier et me fait rentrer chez elle, me présente à sa maman une femme adorable beaucoup plus petite que la mienne (et pourtant c'est dur). Camille me fait faire le tour de sa maison et m'informe que ce soir c'est parent sont pas là et que c'est son grand frère et ses amis qui nous feront à manger. Après des jeux, des secrets et des tonnes d'histoires commençant par "Je connais un garçon" , nous aventurons dans la cuisine où nous trouvons trois grands (ils étaient au collège !) partageant 6 pizza aux garnitures plus ou moins folkloriques (notamment ananas ce qui me semblait surréaliste à l'époque). Ils nous passent à manger et se moque gentiment de nous, d'ailleurs on connait son frère nous dit un des grands (le futur meilleur pote Manu) et l'autre nous informe que ça sœur a le même âge que nous (future Annette comme quoi, le monde est petit).
On retourne chanter du Kyo, puis regarder un film avec les grands qui ensuite nous font une parodie de Kyo. C'était drôle, c'était chouette !


30 soirée pyjama plus tard, nous sommes en l'été avant notre Terminale. Le temps a passé, les amitiés aussi. Je croise encore Camille parfois à la cantine. On est copines maintenant. On a partagé ensemble les divorces de nos parents, les abandons par nos pères et l'entrée au collège puis on a changé, grandis à des rythmes différents et on s'est détesté puis indifféré (si ça existe). Arrivée au lycée, bref résumé de nos courtes années écoulées l'une sans l'autre et copinage de café .
Aujourd'hui je l'ai croisée. "Quoi de neuf ?" "Et ton bac français, tranquille ?" (elle stresse cette petite S) "Sinon ? Oh mon frère est majeur à Polytechnique"
[Blanc]


Je connais un mec, Antoine qu'il s'appelle. Antoine a été mon grand frère d'adoption, il a chanté du Kyo, sa soeur et moi l'avons capturé, maquillé et déguisé en fée, il était le vilain de l'assistance sociale et le professeur dans nos délires d'enfant. Puis je l'ai perdu de vue.
Pendant ce temps, il a eu la mention très bien au Bac S avec plus de 20 de moyenne. Il est rentré en Mathsup, mathspé à Louis le grand. Cette année, Antoine a réussi le concours d'entrée à Polytechnique, il est arrivé premier. Antoine va aller à Normale (les défilés militaires il aime pas, il préfère les robes de fées).

Pourquoi je vous ai raconté ça ?  Déjà parce que l'idée d'avoir connu un des futurs maitres du monde et me dire que je l'ai déjà vu en robe de princesse me fait bien rire. Ensuite parce ce que je me dis que moi, je ne réussirai jamais science-po. Enfin parce que dans cette histoire il ne faut pas oublier Camille qui à côté de son frère se trouve lamentable, terne et grise, parce qu'à chaque bonne note elle ne peut s'empêcher de penser que Antoine aurait fait mieux et parce qu'elle reste une fille vraiment adorable !
Rendez-vous sur Hellocoton !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire